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Elvina Fesneau

Le poste à transistors à la conquête de la France : La radio nomade (1954-1970)



Le_poste_à_transistors_à_la_conquête_de_la_France_:_La_radio_nomade_(1954-1970).jpgElvina Fesneau, Le poste à transistors à la conquête de la France : La radio nomade (1954-1970), Paris : INA Editions, Coll. "Médias histoire", 317 p., 2011, 20€

• ISBN-10: 2869381921 / • ISBN-13: 978-2869381926

Dans les années 1950, personne n'envisage sérieusement que le poste à transistors puisse un jour trouver suffisamment d'acheteurs pour assurer sa pérennité économique, et devenir le compagnon domestique qui "suit l'auditeur" au gré de ses déplacements. Certaines études de marché montrent que la France est amplement équipée en postes de radio à lampes et n'anticipent pas le succès à venir du poste à transistors. Pourtant, celui-ci gagne en notoriété plaçant la France, en moins de quinze ans, au premier rang des pays européens utilisateurs. Son influence sur les moeurs socio-culturelles, économiques et politiques est devenue rapidement primordiale. C'est l'aventure économique et culturelle d'un objet "nomade" unique que ce livre retrace. Pourquoi le poste à transistors est-il devenu l'acteur d'une véritable saga dans un laps de temps aussi court ? L'auteur s'attache à décrire les divers facteurs qui ont contribué à la réussite du "petit baladeur" en France, au point que celui-ci devienne un véritable compagnon toujours à portée de main et d'oreilles. C'est en interrogeant l'histoire de la diffusion de cet objet inséparablement lié à la vie quotidienne d'une majorité de Français que l'on pourra le mieux appréhender le développement des nouveaux moyens de réception de la radio à l'ère du numérique.
L'ouvrage est préfacé par Jean-Noël Jeanneney.

L'auteur Elvina Fesneau, diplômée de l'European Business School, est docteur en histoire économique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; elle a participé à de nombreux colloques et s'est spécialisée dans le secteur des médias.



Compte-rendu de la conférence : "Le marché du poste à transistors (1954-1970) : sources, enjeux et problématiques", donnée par Elvina Fesnau, le mardi 13 décembre 2011 dans le cadre du séminaire « Histoire de l’innovation et des TIC », organisé en alternance au Centre de recherche en histoire de l’innovation de Paris Sorbonne, à l’EHESS et à l’Institut des sciences de la communication du CNRS

    Elvina Fesneau a montré comment l’histoire du poste à transistor en France (années 1954 à 1970) peut être appréhendée de manière globale, en croisant histoires économique, technique, politique et sociale. Son intervention s’est concentrée sur plusieurs aspects : quelles sources pour faire l’histoire de ce marché et quelle périodisation ? Comment le poste à transistor devient-il objet de consommation grand public  Comment contribue-t-il à une culture jeune ? Quels sont les vecteurs de croissance de ce marché ?
    Outre un rappel de l’historiographie, une présentation détaillée des sources utilisées, écrites comme orales, a permis d’interroger à la fois les difficultés statistiques qui peuvent se poser, les croisements nécessaires de sources, leurs apports et silences, la méthode d’entretien semi-directif avec des témoins, etc. Après avoir posé quelques repères chronologiques sur l’invention du transistor (composant) puis de l’objet radiophonique transistor, Elvina Fesneau s’est ensuite concentrée sur le contexte de lancement des postes à transistor en France au milieu des années 1950 (réticences des industriels, études de marché peu engageantes, échec relatif du Regency, développement de postes portatifs à lampes aux États-Unis…), et en particulier sur le cas du Solistor industrialisé et commercialisé par la CSF. Spécialisée au départ sur les séries militaires, la CSF se lance à partir de 1954 sur le marché du poste à transistor grand public. Elvina Fesneau a analysé les raisons de l’échec du Solistor, qui tiennent autant à des problèmes de fixation des prix (manque de rentabilité), qu’à des accords peu féconds avec Philips ou aux difficultés de l’entreprise à passer d’une « culture lampiste » à une « culture transistor ». Dans le cas de la CSF, son rôle de précurseur n’a pas été garant d’un succès qui l’obligeait à s’improviser experte sur le marché grand public.
    Elvina Fesneau a montré comment la France devient ensuite le premier pays européen équipé en postes à transistor, pour des raisons notamment techniques : le contexte du double réseau radiophonique français favorise la présence de la modulation d’amplitude et l’arrivée massive de postes à transistor japonais équipés de la modulation d’amplitude au milieu des années 1960.
     Elle a par ailleurs analysé les conditions de développement de l’objet nomade transistor, notamment auprès des jeunes, et établit des liens féconds entre radio et TIC sous l’angle de la portabilité et de la mobilité, qui invitent à penser ces notions dans le temps long.





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