Joëlle Girard

Plus de 50 ans d'archives sur la radio

Joëlle Girard s'est entichée de radio à 11 ans, depuis, elle enregistre tout ce qui lui tombe sous les oreilles (au minimum une heure par jour et par station) et récupère les bandes jetées. Puis recherche le nom de l'animateur et de l'émission de façon répertorier chacun de ses éléments dans une base de données aujourd'hui numérisée. Cette base de données comporte plus de 50 000 fiches couvrant une période allant de 1958 à 2008. Quelques enregistrements précédant cette période (notamment de 1896 à 1955) sont par ailleurs disponibles. Ce stock d'heures de radio en France est le plus important... plus riche que celui de l'INA. Les archives de Joëlle Girard comportent des enregistrements sonores, vidéos et presse ayant trait au Média Radio en France et dans le Monde sur la bande FM. Ces enregistrements concernent :

- Toutes les catégories de radiodiffusion : les radios pirates, les radios libres, les radios locales privées, les radios associatives et les radios communautaires (leur histoire, le contenu, les programmes selon leur format) ;

- Des magazines, chroniques, reportages et interviews ; - Des journaux d'information nationale, internationale et locale traités par différents type de radio ;

- Des événements...

Tous ces enregistrements sont numérisés, classées par périodes, par séquences et par événement. La numérisation des archives étant faite en séquences sujet par sujet, il est possible de suivre un même sujet sur une durée de «10 ans».

Pour entrer en contact avec Joëlle Girard : girard.joelle@free.fr

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Elle aura tout entendu

Depuis quarante ans, Joëlle Girard enregistre tout sur les ondes. Une aubaine pour les radios en quête de mémoire

Article paru dans Télérama (n° 2994 - 2 Juin 2007)

« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous dans cette poubelle !?? » s’exclame un salarié de Radio France. La scène se passe dans les couloirs de la Maison ronde, au milieu des années 70. La poubelle fait 1,20 m de haut  la femme qui fouille à l’intérieur, à peine 30 centimètres de plus. « Je m’appelle Joëlle Girard répond-elle, tenant serrées contre elle une dizaine de bandes magnétiques promises à la destruction, et je voulais juste récupérer ces enregistrements. »

Trente ans plus tard, s’apercevant qu’elle n’a conservé aucun document sonore des débuts de France Info (embêtant au moment de fêter son 20e anniversaire !), la direction de Radio France passe une annonce en interne : cherche enregistrements désespérément. Une seule personne y répond. Elle ne travaille pas à Radio France. Elle s’appelle…. Joëlle Girard « J’ai été convoquée par les directeurs, dit-elle. Quand je leur ai dit que j’avais vingt ans de France Info, ils ne m’ont pas crue. J’ai apporté mon ordinateur, fait une démonstration, puis je leur ai tout donné. Je ne pouvais pas les faire payer, c’est leur propriété. »

Joëlle Girard, bientôt 60 ans, s’est entichée de radio à 11 ans. « Mais je devais écouter la même chose que mes parents, et rien d’autre : de la musique classique et Les maîtres du mystère. » Elle déniche un transistor, qu’elle cache dans le grenier. Elle y écoute Dans le vent, une émission d’Hubert sur Europe 1, et Radio Caroline, qui émet de la mer du Nord. Maîtrise d’informatique en poche, elle pas­sera sa vie entre ses trois enfants, son travail d’ingénieur et les radios qu’elle squatte, y passant de longues heures. « J’y allais juste pour regarder. Je n’ai jamais voulu parler dans un micro. C’est la réalisation des émissions et le fonctionnement de chaque station qui m’intéressent. »

Dès 1969, Joëlle enregistre tout ce qui lui tombe sous les oreilles (au minimum une heure par jour et par station) et récupère les bandes jetées. Puis recherche le nom de l’animateur et de l’émission : dans sa base de données informatisée, chacun de ces éléments est répertorié. En juin 1986, quand France Info voit le jour, elle applique la même méthode. « J’ai le premier journal et des bandes-annonces de février 1986 qui annoncent la naissance de la première radio d’information continue en France. Cette radio a bien changé depuis. Elle aurait dû rester percutante, mais aujourd’hui elle a moins de rythme. Même la façon de prendre la parole s’est transformée. Comme si les journalistes ne croyaient plus en leur média… Tout cela manque de vie et de naturel. »

Pour argumenter, elle clique sur des enregistrements de Nicolas Poincaré puis de Guillaume Vanhems, alors à France Info. Avant de les comparer avec leur ton actuel (le premier sur RTL, le second sur BFM). « Vous entendez ? Ils sont meilleurs aujourd’hui ! C’est une question de taille et d’esprit d’entreprise. Radio France, c’est trop grand, avec une quantité de talents qui n’arrivent jamais à percer. Les journalistes ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes. » Patrick Roger, le nouveau directeur, fait un constat pas forcément éloigné. Il travaille à un remodelage de France Info pour septembre. En attendant, Joëlle Girard pourrait faire le même diagnostic pour nombre de stations françaises : elle possède 34 000 cassettes et 5 000 bandes magnétiques. Soit le plus important stock d’heures de radio en France… plus riche que celui de l’INA .

 

 

 

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